La mousson entraîne des inondations

Plus de 700 000 personnes issues de la minorité musulmane rohingya vivent au Bangladesh depuis que l’armée du Myanmar a recommencé à persécuter ce groupe de population, en août 2017. Pour l’heure, il n’est pas question pour ces personnes de retourner vivre au Myanmar car leur sécurité n’est pas garantie, même si elles doivent lutter quotidiennement pour leur survie dans des camps aux conditions précaires.

IMG_2066

© EPER/CA/Faysal Ahmad

L’arrivée de la mousson complique encore la situation. Les abris faits de bâches en plastiques ne permettent pas aux habitants de rester au sec. Cet événement climatique menace à la fois la sécurité des personnes et leurs conditions de vie au quotidien. Les latrines notamment risquent d’être inondées, augmentant le risque de propagation des maladies.

© EPER/CA/Fayal Ahmad

© EPER/CA/Fayal Ahmad

La population rohingya réfugiée au Bangladesh vit dans des camps, coupée de son pays d’origine et largement privée de droits. Ces personnes n’ont pas l’autorisation de travailler ni de quitter les camps. Elles vivent dans des cabanes faites de bambou et de bâches de plastique. Environ 50 000 personnes s’entassent dans le camp de Jamtoli, sur des collines récemment déboisées et entourées des rizières cultivées par les Bangladais. Avec l’arrivée des réfugiés, la population du sous-district d’Ukhia a été multipliée par cinq, ce qui a des conséquences majeures pour la population locale. Par exemple, les Rohingyas coupent le bois des forêts environnantes afin de pouvoir cuire un repas avec les modestes denrées (riz, lentilles et huile) qu’ils reçoivent du Programme alimentaire mondial des Nations Unies.

© ACT Alliance/Paul Jeffrey

© ACT Alliance/Paul Jeffrey

Les conditions de vie dans les camps restent problématiques. Comme les nappes phréatiques sont situées près de la surface du sol, de nombreux puits qui acheminent l’eau sont pollués par des matières fécales. Il faut donc creuser davantage pour obtenir de l’eau située plus en profondeur et éviter l’apparition d’épidémies. Fin 2017, une épidémie de diphtérie s’est déclarée parmi les Rohingyas non vaccinés, ce qui a mis en évidence la vitesse à laquelle les maladies peuvent se propager dans le camp.

Les toilettes provisoires installées au début de la crise des réfugiés représentent également un fort risque d’épidémie. Même si d’autres toilettes ont été construites entre-temps, plus modernes et en plus grand nombre, il existe encore beaucoup de ces installations provisoires dans le camp. Elles sont aujourd’hui saturées et risquent d’être inondées, ce qui entraînera une contamination supplémentaire du camp par des matières fécales.

L’EPER, en collaboration avec son organisation partenaire Christian Aid, aide à soulager la détresse de la population des camps. Dans celui de Jamtoli, quatre systèmes de distribution d’eau sont installés : l’eau est pompée depuis les nappes phréatiques situées en profondeur, puis collectée dans des réservoirs d’eau placés sur quatre collines. De là, l’eau est acheminée vers 16 points d’eau répartis dans le camp.

© EPER/CA/Fayal Ahmad

© EPER/CA/Fayal Ahmad

L’EPER installe également 20 toilettes pourvues de réservoirs de grande taille. Par ailleurs, 800 autres toilettes, utilisées par 4 000 familles, sont vidées à intervalles réguliers. L’installation de cabines de douche individuelles et l’organisation de campagnes d’information et de sensibilisation contribuent en outre à améliorer la situation sanitaire.

© EPER/CA/Fayal Ahmad

Kulsuma vit dans le bloc A du camp. Elle peut désormais se doucher dans une cabine individuelle nouvellement installée. © EPER/CA/Fayal Ahmad

Le Programme alimentaire mondial a distribué de l’huile, du riz et des lentilles à la population réfugiée. Pour suppléer à cette alimentation peu équilibrée, 2 500 familles sont encouragées à cultiver des légumes car elles n’ont pas les moyens d’acheter des légumes au marché. Elles cultivent par exemple une variété de courge dont les feuilles sont aussi comestibles et qui n’a pas besoin d’une grande surface car elle pousse en hauteur, soutenue par des tuteurs.

© EPER/CA/Fayal Ahmad

© EPER/CA/Fayal Ahmad

L’EPER construit 52 cuisines collectives équipées chacune de quatre cuisinières à gaz. Cela permet à 1 300 familles de préparer deux repas chauds par jour tout en réduisant les risques d’incendie et la surexploitation des forêts. De plus, les femmes disposent d’un lieu où elles peuvent discuter entre elles des difficultés posées par une société conservatrice et patriarcale. Pendant la mousson, ces cuisines collectives servent aussi d’abris contre la pluie.

© EPER/CA/Fayal Ahmad

© EPER/CA/Fayal Ahmad

© EPER/CA/Fayal Ahmad

© EPER/CA/Fayal Ahmad

Aidez les Rohingyas ! 

Pas de retour possible

©HEKS/Sebastian Zug

Depuis septembre 2017, Aminul Islam vit dans le camps de Jamtoli avec sa famille.

> En savoir plus

Lutte quotidienne pour la survie

IMG_7452.JPG

©HEKS/CA/Faysal Ahmad

La lutte quotidienne pour la survie de Zubair, Syed Alam et de leur mère âgée de 60 ans dans un camp de réfugiés.

> En savoir plus

Une mousson redoutée pour les Rohingyas au Bangladesh

Sebastian-Zug_klein-300x300

Entretien avec Sebastian Zug, responsable de l’aide humanitaire de l’EPER pour les Rohingyas qui ont fui au Bangladesh.

En savoir plus

Contact

Joëlle Herren
Responsable médias
Tél. : 021 613 40 59
Mobile: 078 661 08 97
E-mail :  joelle.herren@eper.ch